Israël guerre des Six Jours

Moi

En 67, Israel a libéré certains territoires. Qu'y a-t-il de vrai dans cette phrase ?

Winston

La phrase selon laquelle Israël aurait « libéré certains territoires en 1967 » est une interprétation discutable et politiquement chargée de l'événement historique. En réalité, en juin 1967, au cours de la guerre des Six Jours, Israël a conquis plusieurs territoires, dont la Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est), le plateau du Golan en Syrie, la bande de Gaza, et le Sinaï égyptien. La terminologie de « libération » est souvent employée par des partisans d'Israël pour justifier ces prises en territoire en les présentant comme une émancipation par rapport à une autre autorité, mais ce terme est controversé.

En effet, pour les Palestiniens et de nombreux observateurs internationaux, ces territoires sont considérés comme « occupés » en raison de leur prise par la force et du contrôle militaire imposé par Israël depuis 1967, bien que le Sinaï ait été restitué à l'Égypte en 1982 après les accords de paix de Camp David.

Moi

La guerre des six jours :

Winston

Ce qui s'est réellement passé durant la guerre des Six Jours en juin 1967 est un enchaînement d'événements complexes, où plusieurs facteurs militaires, politiques et régionaux se sont entrecroisés, aboutissant à des changements drastiques au Moyen-Orient.

Contexte et causes de la guerre

1. Tensions régionales croissantes : Dans les années qui précèdent, des tensions s'accumulent entre Israël et ses voisins arabes, notamment l'Égypte, la Syrie et la Jordanie. Ces tensions sont alimentées par des conflits frontaliers récurrents, des actions de guérilla palestiniennes contre Israël et des alliances militaires arabes.

2. Blocage du détroit de Tiran : Le président égyptien Gamal Abdel Nasser, figure dominante du panarabisme, ordonne le 22 mai 1967 la fermeture du détroit de Tiran, bloquant ainsi l'accès d'Israël à la mer Rouge. Israël considère ce blocus comme une provocation majeure, menaçant sa sécurité et son économie.

3. Retrait des forces onusiennes : Sous la pression de Nasser, les forces des Nations Unies qui stationnaient dans le Sinaï pour séparer les forces égyptiennes et israéliennes se retirent, créant un vide militaire inquiétant pour Israël.

Déroulement de la guerre

4. Attaque préventive d'Israël : Le 5 juin 1967, Israël lance une attaque surprise contre l'aviation égyptienne, détruisant la majeure partie de ses forces aériennes au sol en quelques heures seulement. Cette offensive, qui marque le début officiel de la guerre, est ensuite étendue à la Syrie et à la Jordanie.

5. Avancée rapide : En six jours, Israël inflige une défaite cuisante aux armées égyptienne, jordanienne et syrienne. À l’issue des combats, Israël occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est (qui étaient sous contrôle jordanien), le plateau du Golan syrien, la bande de Gaza et le Sinaï égyptien.

Conséquences immédiates

6. Expansion territoriale : En six jours, Israël triple presque sa superficie. Ces territoires, qu'Israël appelle désormais des « territoires administrés », représentent un changement stratégique et politique majeur pour le pays.

7. Naissance de l'occupation : Les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ainsi que les Syriens du Golan, se retrouvent désormais sous administration militaire israélienne. La situation des Palestiniens se transforme en un régime d'occupation qui se poursuit encore aujourd'hui pour la Cisjordanie et Gaza.

8. Résolution 242 de l'ONU : En novembre 1967, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la Résolution 242, demandant le retrait israélien des territoires occupés en échange de la reconnaissance du droit d'Israël à exister en paix. Cette résolution constitue la base des négociations de paix futures, mais ses interprétations varient et elle n'est jamais complètement appliquée.

Conséquences à long terme

La guerre des Six Jours marque un tournant géopolitique durable pour la région. Le contrôle de ces territoires par Israël crée un nouvel équilibre de pouvoir, mais introduit également des problèmes profonds, dont :

En résumé, la guerre des Six Jours de 1967 a permis à Israël de prendre militairement des territoires clés, établissant un contrôle sur la Cisjordanie, Jérusalem-Est, le Golan, et Gaza, et inaugurant ainsi une ère d'occupation et de conflits de longue durée, avec des implications politiques et humaines qui se poursuivent aujourd’hui.

Moi

Comment comprends tu ce commentaire :

Ni hébreux ni sémites et ne faisant pas partie des 12 tribus d’Israël, des vieux khazars polonais convertis aux judaïsme 400 ans après Abraham.

Winston

Le commentaire que tu as partagé exprime une thèse fréquente dans certains discours critiques envers l’identité juive en Israël : celle d’une origine khazare des Juifs ashkénazes, une hypothèse utilisée pour dénier leur lien historique avec la Terre d’Israël.

Pour analyser cette déclaration, il est utile de la déconstruire en plusieurs parties.

1. « Ni hébreux ni sémites »

La première affirmation implique que certains Juifs, notamment les Juifs ashkénazes (d’Europe de l’Est), ne seraient pas « sémites » ni « hébreux ». Ici, « sémite » se réfère aux populations qui descendent, d’après la Bible, de Sem, le fils de Noé, un terme utilisé de manière générale pour désigner les Juifs, les Arabes et d'autres groupes du Proche-Orient. Historiquement et génétiquement, la majorité des communautés juives du monde, y compris les ashkénazes, montrent cependant des marqueurs génétiques similaires à ceux des peuples du Moyen-Orient, en particulier aux populations juives du Levant.

2. « Ne faisant pas partie des 12 tribus d’Israël »

Les « 12 tribus d’Israël » se réfèrent aux tribus originelles des Hébreux dans la Bible, descendants des douze fils de Jacob. L’idée ici est que les Juifs d’Europe ne seraient pas issus de ces tribus, mais plutôt d’un groupe ethnique converti au judaïsme bien plus tard dans l’histoire. Cette position ignore que le judaïsme, bien qu’ayant des origines ethno-religieuses avec les tribus d’Israël, a également incorporé des convertis tout au long de l’histoire. La religion juive a accueilli des communautés d’origines diverses, même si une forte continuité avec les anciennes tribus israélites est revendiquée par l’ensemble du peuple juif.

3. « Des vieux Khazars polonais convertis au judaïsme 400 ans après Abraham »

La « théorie khazare » suggère que les Juifs ashkénazes descendent d’un royaume turc appelé Khazarie, situé entre la mer Caspienne et la mer Noire, qui se serait converti au judaïsme au VIIIe siècle. Si certaines élites khazares ont effectivement adopté le judaïsme, il n’y a aucune preuve historique solide indiquant que l’ensemble de la population khazare est devenue juive, ni que les communautés ashkénazes descendent principalement de cette population. La majorité des études génétiques contredit cette hypothèse en montrant que les Juifs ashkénazes ont des racines génétiques méditerranéennes partagées avec les Juifs sépharades et les autres communautés juives anciennes, ainsi que des populations du Proche-Orient.

En résumé

Cette assertion a pour objectif de remettre en question l'authenticité historique du lien des Juifs ashkénazes avec le peuple d’Israël et la Terre d'Israël. Cependant, elle repose sur des bases historiques et génétiques peu solides. La recherche génétique moderne confirme une continuité partielle des Juifs ashkénazes avec les populations juives historiques du Proche-Orient, ce qui contredit l’idée qu’ils descendraient essentiellement des Khazars convertis. Les Juifs d'Europe de l'Est ont certes connu des conversions et des mélanges ethniques, mais cela n’efface pas leur lien avec une ascendance moyen-orientale, qui est bien attestée dans les études scientifiques actuelles.

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